Le Syndrome du « Oui mais... » : Quand la Résistance Bloque le Changement
Comprendre ce mécanisme de défense, dépasser l'ambivalence et retrouver le mouvement dans sa vie et ses relations
« Oui, je comprends, MAIS... »

Vous connaissez sûrement cette situation. Vous proposez une solution, une piste, une aide. En face, votre interlocuteur acquiesce : « Oui, c'est vrai, oui, je vois… » puis arrive le fameux : « MAIS… ».
« Oui, mais je n'ai pas le temps. »
« Oui, mais ça ne marchera pas pour moi. »
« Oui, mais c'est plus compliqué que ça. »
Ce petit mot de deux lettres peut devenir un mur. Il transforme le dialogue en un jeu de tennis sans fin où la balle ne touche jamais le sol. Que vous soyez celui qui le prononce ou celui qui l'entend, le résultat est le même : la frustration et l'immobilisme.
En tant que thérapeute en hypnose et Gestalt-thérapie à Niort, je rencontre souvent ce mécanisme en séance. Loin d'être un signe de mauvaise volonté, le « Oui mais... » est une protection. Comprendre ce qu'il cache, c'est déjà commencer à le désamorcer.
Que se cache-t-il derrière le « Oui mais... » ?
Une ambivalence intérieure
Le « Oui mais... » est la traduction verbale d'un conflit interne.
- Le « Oui » représente la part de vous qui veut changer, qui souffre de la situation actuelle, qui aspire à aller mieux.
- Le « Mais » représente la part de vous qui a peur, qui veut protéger votre sécurité, qui craint l'inconnu.
💡 Ce n'est pas de l'entêtement. C'est de l'ambivalence.
Une partie de vous tire vers l'avant, l'autre tire le frein à main.
Un mécanisme de défense (Résistance)
En psychologie et en thérapie, on parle de résistance. Ce n'est pas péjoratif. C'est votre inconscient qui dit : « Attention ! Changer, c'est risqué. Mieux vaut rester dans ce qu'on connaît, même si c'est douloureux. »
Le « Oui mais... » permet de :
- Valider l'autre (le « Oui ») pour ne pas le braquer.
- Écarter la solution (le « Mais ») pour ne pas avoir à agir.
- Rester dans le confort intellectuel (parler du problème) plutôt que dans l'inconfort de l'action.
L'impact sur les relations et sur soi
Pour celui qui écoute (L'aidant, le conjoint, l'ami)
Rien n'est plus épuisant que de faire face à un mur de « Oui mais... ». On se sent inutile, rejeté, ou impuissant. Cela peut créer de l'agacement, voire du conflit : « Pourquoi tu me demandes conseil si c'est pour refuser toutes mes idées ? »
Pour celui qui le dit (Vous)
À force de dire « Oui mais... », vous vous enfermez dans une boucle de plainte. Vous exprimez un besoin, mais vous refusez simultanément les clés pour y répondre. Cela entretient :
- Le sentiment d'impuissance (« Rien ne marche »).
- La victimisation (« Personne ne peut m'aider »).
- La stagnation (Le problème reste intact).
💡 Note Gestalt : Ce mécanisme est une interruption du contact.
Au lieu d'être présent à ce qui se joue ici et maintenant (l'émotion, le besoin),
vous restez dans le mental à comparer, juger et écarter.
Comment l'hypnose et la Gestalt aident à transformer ce schéma
L'Hypnose : Négocier avec la part qui dit « Mais »
En hypnose, nous ne combattons pas la résistance.
Nous l'accueillons.
- Identifier le bénéfice secondaire : Qu'est-ce que ce problème vous apporte de positif (inconsciemment) ? (Ex: être pris en charge, ne pas prendre de risques).
- Dialoguer avec l'inconscient : Demander à la part qui dit « Mais » : « De quoi as-tu peur ? De quoi veux-tu me protéger ? ». Souvent, elle cherche juste à assurer votre sécurité. Une fois entendue, elle accepte de lâcher un peu le contrôle.
La Gestalt : Expérimenter le conflit
En Gestalt-thérapie, nous mettons en scène ce dialogue intérieur.
- La technique des deux chaises : Une chaise pour le « Oui » (celui qui veut avancer), une chaise pour le « Mais » (celui qui a peur). Vous passez de l'une à l'autre.
- Prendre conscience du corps : Quand vous dites « Mais », que se passe-t-il dans votre corps ? Une contraction ? Un souffle coupé ? Revenir au corps permet de sortir du mental justificatif.
- Assumer son choix : Parfois, le travail consiste à accepter que l'on choisit de ne pas changer pour l'instant. Cela libère de la culpabilité.
💬 « Le changement ne se produit pas quand on se force, mais quand on devient ce que l'on est. » (Carl Rogers)
3 clés pour sortir de la boucle du « Oui mais... »
Si vous êtes celui qui le dit
- Remplacez le « Mais » par « Et »
Au lieu de « Oui, mais je n'ai pas le temps », dites « Oui, je veux le faire, et j'ai peur de ne pas avoir le temps ». Le « Et » inclut les deux réalités sans les opposer.
- Identifiez la peur
Derrière chaque « Mais », il y a une peur. Nommez-la : « Ce qui m'arrête, c'est la peur de l'échec ».
- Choisissez une micro-action
Ne cherchez pas la solution parfaite. Faites un tout petit pas, même imparfait. L'action dissipe l'ambivalence.
Si vous êtes celui qui écoute
- Arrêtez de donner des solutions
Si votre conseil est systématiquement rejeté, c'est peut-être que la personne n'a pas besoin d'une solution, mais d'une écoute.
- Renvoyez la balle avec bienveillance
Dites : « J'entends que cette piste ne te convient pas. Qu'est-ce qui te conviendrait mieux ? » ou « On dirait qu'une part de toi veut changer, et une autre non. C'est ça ? »
- Posez votre limite
Si la boucle devient toxique pour vous : « Je veux t'aider, mais je me sens impuissant quand toutes mes propositions sont écartées. Peut-être qu'un professionnel serait plus adapté pour t'accompagner. »
Conclusion : Accueillir l'ambivalence pour avancer
Le « Oui mais... » n'est pas une fatalité. C'est un signal d'alarme qui indique qu'un conflit intérieur demande à être entendu.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez qu'il est possible de dépasser cette résistance sans violence. En thérapie, nous apprenons à faire la paix avec la part qui a peur, pour que la part qui veut avancer puisse enfin respirer.
Je vous accueille en cabinet à Niort ou en visio pour explorer ces mécanismes et transformer vos « Oui mais... » en « Oui, et je choisis d'avancer ».
